Ateliers 2016-12-07T10:14:25+00:00

Il est trois domaines où, selon nous, la question démocratique fait l’objet d’un examen déjà ancien mais qui se renouvelle de manière continue, trois domaines où l’idéal démocratique fonctionne comme un leitmotiv.

Les ateliers

L’« éducation »

La démocratie et l’éducation

Grand témoin : Abraham Franssen (Université Saint-Louis)

Session 1 : Qu’en est-il de la démocratie dans l’éducation ?
Présidence : Jean-François Guillaume (ABFSA)
Avec la participation de Géraldine André (ULB), Aleksandra Kokaj (Solidarcité) et Luc Lefevre (LST Namur)
Discutant : Bruno Frère (ULg)

Session 2 : Qu’en est-il de l’éducation à la démocratie ?
Présidence : Johanna de Villers (ABFSA)
Avec la participation de Florence Depierreux (Annoncer la Couleur), Marie Verhoeven (UCL), Evelyne Jadot (UCL) et Bruno Derbaix (MIEC), Daniel Martin et Inès Tamazarti (Centre régionale de Verviers pour l’Intégration)
Discutant : Philippe Vienne (ULB)

Au cours des dernières décennies, les institutions de socialisation (famille, école, organisations de jeunesse, etc.) ont été saisies d’un impératif démocratique, et même tenues, pour certaines d’entre elles, d’inscrire dans leurs missions éducatives la formation de futurs citoyens. L’apprentissage de l’expression démocratique est souvent privilégié dans l’éducation citoyenne, au risque de faire passer au second plan le versant juridique de la citoyenneté. S’ils sont des citoyens en devenir, l’enfant, le jeune, l’élève, etc. sont d’ores et déjà des sujets de droit. Sans références normatives communes et intangibles pour l’encadrer, l’apprentissage de la participation et de l’expression démocratique ne vont pas de soi. Apprendre les principes essentiels d’un État de droit, s’initier aux mécanismes de la participation démocratique, exercer son jugement critique et développer une capacité argumentative : tels semblent être les défis majeurs des institutions de socialisation dans notre société contemporaine.

La culture de la participation s’est développée dans les années 1960-1970 autour du concept de démocratie participative. Il s’agissait de faire des citoyens, reconnus dans leur diversité et par leur vitalité, des membres actifs de la société via notamment des organes de représentation. Cette culture a pénétré progressivement le champ éducatif, tant l’école que la famille ou les institutions en charge de la jeunesse. Quelles pratiques en découlent ? Quelles analyses en sont faites ? Quels enseignements en sont retirés ?

La « gouvernance »

La démocratie et la gouvernance

Grand témoin : Jean-Louis Genard (ULB)

Session 1 : La gouvernance dans les organisations
Présidence : Jean Vandewattyne (ABFSA)
Avec la participation de Sophie Bodarwé (Smart), Jenny Tuts (Décathlon-Namur) et Pierre Heldenbergh (Les Grignoux)
Discutant : John Cultiaux (UNamur)

Session 2 : La gouvernance dans la Cité
Présidence : Christophe Dubois (ABFSA)
Avec la participation d’Eric Dewaele (Financité), Fanny Thirifays (Periferia) et Josué Dusoulier (Réseau Transition)
Discutant : David Jamar (UMONS)

Appliquée au monde des organisations, la gouvernance, dans sa forme contemporaine, est tout entière dominée par un souci d’optimalisation de l’activité, une recherche continue de l’efficience et de la rentabilité. Pour ce faire, le management contemporain tend à accorder beaucoup d’importance à l’implication et à la participation directe de l’ensemble des travailleurs, qui sont présentés comme des « collaborateurs ». Cette dynamique contient aussi souvent un paradoxe : alors que la participation directe des salariés est vivement sollicitée, la participation indirecte fait quant à elle l’objet d’une forte disqualification managériale et patronale. Issue du monde de l’entreprise privée, cette dynamique a peu à peu gagné d’autres secteurs d’activité dont le secteur public et le non-marchand. Mais la gouvernance privée et publique est aussi de plus en plus conditionnée par des informations, des ratios et autres rankings issus des machines et des algorithmes sur lesquels elles s’appuient. Sous des apparences neutres, les technologies de l’information et de la communication pèsent de plus en plus sur les destinées individuelles et collectives. En opposition à la gouvernance managériale et à la gouvernance technicienne, qui s’entretiennent mutuellement, on peut également relever une recherche de mode de fonctionnements plus respectueux, en principe, des différentes parties en présence. Ces modes sont notamment mis à l’épreuve de la réalité à l’échelle internationale comme à l’échelle locale dans des expériences de vivre ensemble en-dehors ou à côté de l’économie de marché. Ce souci de gouverner autrement s’est aussi concrétisé, dans le champ de la gouvernance politique, par l’expérience du G 1000.

En somme, l’idée est ici que la gouvernance fait l’objet de réappropriations multiples à différentes échelles (du local au global) dans la perspective de revivifier des processus de prise de décision plus délibératifs. La gouvernance questionne dès lors directement la question de la distribution du  pouvoir, les pratiques et normes de gouvernement à l’intérieur des organisations et des institutions, l’atténuation ou au contraire l’accentuation des asymétries sociales. Qu’en est-il de la démocratie dans ces processus et configurations ?

L’ « action collective »

La démocratie et l’action collective

Grand témoin : Isabelle Ferreras (UCL)

Session 1 : Vers de nouveaux modes d’action collective
Présidence : Paul Lodewick (ABFSA) et Abdelfattah Touzri (UO)
Avec la participation de Nabil Sheikh Hassan (Tout Autre Chose), Paul Hermant (Acteurs des Temps présents) et Myriem Amrani (Dakira asbl)
Discutant : Jacques Moriau (ULB)

Session 2 : Les enjeux de l’action collective revisités
Présidence : Guy Lebeer (ABFSA)
Avec la participation de Youri Lou Vertongen (Migrations et luttes sociales), Thomas Dawance (Community Land Trust) et Delphine Moujahid (Garance asbl)
Discutant : Mathieu Berger (UCL)

L’action collective est le troisième lieu d’examen de la question démocratique, domaine d’action fondée sur l’engagement militant, déployée à distance de l’État et se donnant pour objet d’agir sur lui, de faire valoir des enjeux dont il se désintéresse ou de transformer la société avec, malgré ou contre lui. L’« action collective » concerne ainsi aussi bien les syndicats que les associations luttant pour le bien-être des animaux, les mouvements LGBT, les organisations féministes, ou les associations de patients, etc. De nouvelles formes d’ « action collective » sont apparues au détour de ce siècle, moins structurées, moins soucieuses de stabilité et de pérennité, davantage ciblées sur un objectif, visant une efficacité plus limitée mais plus immédiate et surtout se proclamant souvent comme laboratoire de microcosmes moins hiérarchisés, plus égalitaires. Des néo-mouvements sociaux, disent certains, qui questionnent les modes traditionnels d’exercice de contre-pouvoirs et inventent de nouvelles formes d’organisation collective. Et l’arrivée sur le terrain de la militance de ces nouvelles formes d’action collective produit en retour au sein des structures traditionnelles, des syndicats, des mutualités, etc. des réexamens de leur forme d’organisation, d’action et d’implication de leurs agents dans leurs modes de décision.

Que pense-t-on dans l’ensemble de ces lieux dans les termes de la démocratie, celle que l’on voudrait voir advenir à une échelle macro-sociale et à laquelle on se propose de participer, et celle que l’on expérimente en interne ? Quelles actualisations de cette idée sont mises en œuvre ? Quelle idée de la démocratie est inférée des pratiques que l’on développe ?