Qu’en est-il de la démocratie ? 2016-10-13T16:24:11+00:00

L’Association Belge Francophone de Sociologie et d’Anthropologie (ABFSA) et l’Université Ouverte de la Fédération Wallonie-Bruxelles (UO) ont le plaisir de vous annoncer l’organisation du premier Forum Belge Francophone des Sciences Sociales qui se tiendra à Charleroi (CEME), le 15 décembre 2016, sur le thème : « Qu’en est-il de la démocratie ? ».

En ces temps incertains, la notion de démocratie, dans sa double acception de « démocratie représentative » et de « démocratie participative », connaît un très net regain d’usage et d’attention critique. La première acception a déjà suscité et suscite toujours aujourd’hui énormément de travaux en science politique. Les regards sociologiques et anthropologiques se sont plutôt concentrés sur la question de la démocratie conjuguée dans les termes de la « participation ». C’est aussi dans ce cadre que la question sera envisagée dans le Forum des Sciences Sociales.

La notion de démocratie demeure une notion polysémique. Ses nombreuses définitions disent sur un mode normatif ce qui doit être visé comme figure du « faire société » et comment y parvenir. À côté des définitions promues par la philosophie politique, à un niveau plus modeste, des acteurs sociaux manifestent dans leurs engagements une certaine idée de la démocratie, mobilisent, explicitement ou non, un certain idéal démocratique pour donner un sens à leurs actes. En tant qu’idéal, la notion de démocratie précise un horizon pour l’action – et en tant qu’horizon, elle reste inaccessible.

La démocratie est une notion vague mais elle est partout, y compris là où le sens commun aurait quelque mal à l’y situer.

Les sociologues et les anthropologues ont eux aussi parfois mobilisé des définitions normatives de la démocratie, qu’ils les aient eux-mêmes produites ou qu’ils les aient empruntées à d’autres disciplines. C’est particulièrement le cas lorsqu’ils assignent à la sociologie et à l’anthropologie une tâche d’évaluation d’un état de la société, dans les termes d’une démocratie plus ou moins accomplie. D’autres peuvent partir d’une base sans doute moins ambitieuse mais aussi moins contraignante, attentifs d’abord à la manière dont les acteurs sociaux problématisent cette question de la démocratie à travers et à partir de certaines de leurs pratiques. Cette attention ne pourrait cependant pas trouver à se déployer si elle ne s’appuyait pas d’une manière ou d’une autre sur une préoccupation commune, qui nous permette précisément d’essayer de comprendre ce qui compte pour ces acteurs. Quand nous parlons de démocratie nous parlons bien minimalement, scientifiques du social et acteurs sociaux, d’une question relative à la distribution du pouvoir, une distribution consistant idéalement à offrir à chacun une parcelle de ce pouvoir et la possibilité de l’exercer, une distribution qui permette à chacun de faire entendre sa voix. Elle touche donc au processus de communication et à l’établissement d’une relation sociale. Cette implication du plus grand nombre dans l’exercice du pouvoir se conjugue souvent aujourd’hui dans les termes de la « participation », notion elle-même aussi polysémique que celle de démocratie à laquelle elle est fréquemment accolée. Elle convoque aussi la « citoyenneté », forme de statut institutionnel – mais pas toujours – qui marque cette « participation ». Le mode de distribution du pouvoir, son économie, ses modalités d’exercice, ses effets restent largement indéterminés et dépendent du secteur d’activité et du milieu social. Toutes ces caractéristiques sont en effet largement variables d’un lieu à un autre.